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D’où vient le Feldenkrais ?
Moshe Feldenkrais était un physicien d’origine russe. Il s’est servi de sa formation scientifique et de sa pratique des arts martiaux (il était ceinture noire de judo) pour mettre au point, dans les années 50, une gymnastique qui demande un travail tant physique que psychique. On bouge en réfléchissant à ce que l’on fait.

Comment se passent les cours ?
On s’allonge sur le sol. Le professeur indique les mouvements à effectuer : « Fléchissez une jambe et appuyez sur le sol avec votre pied. Sentez ce qui se passe au niveau du bassin » ou « Laissez-vous rouler sur le côté en suivant le balancement du bras ».
Il ne fait jamais de démonstration, afin que chacun perçoive ses propres sensations (pour l’un, le bassin roule sur le côté, pour l’autre, il se plaque au sol etc…). L’enseignant propose alors à chaque personne de faire les exercices autrement, pour tester ce qui lui convient le mieux. Cela permet de prendre conscience de toutes les parties de son corps et d’établir un lien entre elles.

Quel est le but de cette méthode?
Notre corps a pris de mauvaises habitudes. On utilise toujours les mêmes appuis et les mêmes enchaînements de mouvements pour se lever ou attraper un objet. Cette méthode consiste à rompre ces habitudes et à retrouver une liberté de mouvement et de pensée. Ainsi, quand on connaît bien un trajet, on le suit de manière automatique, sans voir le paysage. Or, notre système nerveux est capable d’être en permanence en éveil, comme chez les enfants, qui explorent le monde sans se soucier du regard des autres. Puis, au fur et à mesure que l’on grandit, on se construit une manière d’être qui nous éloigne de ce que l’on est vraiment.

Nos vielles habitudes sont-elles néfastes sur le plan physique ?
Tout à fait. On utilise toujours les mêmes articulations. Par exemple, tordre le dos pour se retourner provoque des lésions lombaires ; il faudrait faire pivoter le bassin. En plus de se sentir mieux dans son corps, le Feldenkrais propose d’être mieux dans sa tête.


Quels sont les bienfaits de cette méthode ?
Aujourd’hui, on vit très peu dans l’instant. On fait plusieurs choses en même temps (téléphoner en buvant son café et en lisant ses mails, parler en pensant à ce qu’on a oublié de faire etc…). Or, les moments de grand bonheur sont justement ceux où notre corps et notre tête sont là en même temps. Le Feldenkrais, au travers de mouvements qui demandent une grande concentration, permet de retrouver cette qualité de « présence à soi ». Et, à force d’entraînement, de l’appliquer au quotidien.

A qui est-il destiné ?
Beaucoup de comédiens, danseurs, acteurs ou sportifs le pratiquent dans le but d’aiguiser leur sensibilité et de traduire avec plus de pertinence leurs intentions en actions. Le Feldenkrais est également très utile pour ceux qui ont des problèmes de dos ou de stress : la tension musculaire diminue, la respiration se libère et ils réorganisent leur manière de bouger. Mais il s’adresse aussi à toute personne qui désire sortir de ses habitudes.

Combien de séances faut-il suivre ?
C’est à chacun de choisir. Je conseille à ceux qui ont un problème particulier (épaule bloquée, difficulté à respirer, etc…) de faire quelques séances individuelles : le praticien essaie de faire circuler le mouvement à travers le corps, en faisant prendre conscience des endroits où ça bloque. Puis il libère ces régions. On peut ensuite rejoindre un groupe. Les leçons varient selon des thèmes : la colonne vertébrale, la marche, l’équilibre, etc… Après une séance, les élèves disent souvent qu’ils ont « l’impression d’habiter leur corps ».

 

 

Marie Cécile Delache, Association Spirale, 16 rue des Prés, Armentières - marie-cecile.delache@laposte.net
Tél : 03.20.77.09.91 - 03.28.48.22.19 - 06.81.65.96.20
photographies A. Vaillant